15 novembre 1838

« 15 novembre 1838 » [source : BnF, Mss, NAF 16336, f. 148-149], transcr. Élise Capéran, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3440, page consultée le 25 janvier 2026.

Je t’aime, mon bien aimé, c’est toujours par là que je commence mes lettres et que je les finis. C’est aussi par là que je commence toutes mes pensés, toutes mes actions, et j’espère finir ma vie par là, si l’âme ne survit pas au corps.
Pauvre ange adoré, tu as été ineffablement bon toute la journée, je ne sais comment te dire combien je suis touchée et comblée de ton admirable douceur. Mon Dieu que c’est [vrai ?] et que je m’en veux de ne pas te l’exprimer aussi bien que je le sens.
J’ai reçu une lettre de Mme Guérard, elle paraît très inquiète de ma brusque disparition de la loge l’autre soir, elle semble craindre que ce ne soit à cause d’elle parce que je ne t’aurais pas averti que je lui donnais des places dans ma loge. Sa lettre est vraiment gentille, je compte bien lui répondre une bonne petite lettre qui vous laissera blanc comme neige tout en lui ôtant ses craintes absurdes.
Donne ta bouche mon beau Toto, que je la baise et que je laisse tomber dedans avec mes baisers tout l’amour que mon cœur contient.
C’est bien décidément 6 F. les deux bijoux en question car on m’a rapporté la boucle d’oreille tout à l’heure, et j’ai dit à la polisseuse qu’on aurait dû me donner le tout pour 9 F. Elle a répondu que c’était impossible, qu’on me l’avait laissé au meilleur marché possible. Je les ai mis ce soir pour vous faire honneur, mon cher petit homme ravissant.
Il paraît que vous avez eu à faire, mon bien-aimé, et que je ne vous verrai que ce soir bien tard ? Je me résigne avec la charmante certitude que je vous aurai à souper. C’est si bon mon cher petit homme de vivre avec vous, c’est si doux que je ne connais rien au-dessus de cela dans ce monde-ci, et que je ne souhaite rien autre chose dans l’autre. Je t’aime mon Toto, je t’adore.

Juliette

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle est engagée au Théâtre de la Renaissance, où le rôle de la Reine dans Ruy Blas, écrit pour elle, lui échappe.

  • Janvier-févrierReprise d’Hernani à la Comédie-Française (les 20, 23, 25, 27, 29 et 31 janvier et les 6, 9, 12, 18, 21, 23 février).
  • MarsReprise de Marion de Lorme à la Comédie-Française (les 8, 10, 12, 15, 17, 20).
  • 25 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française, toujours avec Mlle Noblet, mais avec Mlle Rabut dans le rôle de Catarina. Dans cette distribution, la pièce est jouée les 7, 11, 14 et 19 août 1838, le 2 septembre 1838, les 7 et 15 février, le 6 mars et le 6 mai 1839, puis encore une fois le 2 décembre 1841.
  • MaiAnténor Joly, directeur du Théâtre de la Renaissance, engage Juliette Drouet.
  • 12 aoûtHugo lit Ruy Blas achevé à Juliette.
  • 18-28 aoûtVoyage avec Hugo en Champagne. Le 19 août, Adèle Hugo adresse une lettre à Anténor Joly pour le dissuader de confier le rôle de la Reine à Juliette Drouet.
  • 8 novembrePremière de Ruy Blas au Théâtre de la Renaissance. Louise Beaudoin joue le rôle de la Reine.